"Première partie : Joséphine poussa un cri et lâcha l'éplucheur. Le couteau avait dérapé
sur la pomme de terre et entaillé largement la peau à la naissance du poignet. Du sang, du sang partout. Elle regarda les veines bleues, l'estafilade rouge, le blanc de la cuvette de l'évier,
l'égouttoir en plastique jaune où reposaient, blanches et luisantes, les pommes de terre épluchées. Les gouttes de sang tombaient une à une, éclaboussant le revêtement blanc. Elle appuya ses
mains de chaque côté de l'évier et se mit à pleurer. Elle avait besoin de pleurer. Elle ne savait pas pourquoi. Elle avait trop de bonnes raisons."
C'est l'histoire de Joséphine et de Tonio, Hortense et Zoé. Celle aussi de sa famille, de ses ami(e)s...
Un long roman qui se lit rapidement. Un roman de la vie.
Les personnages sont, certes, caricaturaux mais n'en demeurent pas moins attachants. Le lecteur y retrouve une mère de famille désemparée, une adolescente dans la splendeur de son âge, une petite
soeur insouciante, une confidente dévouée au secret bien gardé, un mari désorienté....
L'intrigue se noue et se dénoue autour de nombreux personnages, entremêlant les fils de la vie. Des quotidiens bouleversés dont le lecteur veut connaître le dénouement. Les sentiments et les
relations humaines sont plutôt bien relatées et nous entraînent dans leur tourbillon.
Le style léger, simple et sans prétention laisse voguer notre esprit au fil des aventures. Un voyage entre Paris et le Kenya.
Le récit est bien mené, captivant. Le roman, dont on oublie l'épaisseur, se laisse dévorer en un rien de temps. Le lecteur s'émeut, rit, s'indigne voire verse une petite larme...
Une bonne saga familiale, des tranches de vie quotidienne pour passer un bon moment, prendre du plaisir....
Une suite aurait été écrite : La Valse lente des tortues... Je me la réserve pour l'été prochain...au bord de la plage (mais sans crocodiles...)
Je ne peux terminer cet article sans comparer ce roman à Ensemble, c'est tout d'Ana Gavalda.. En effet, nous restons ici dans un roman de vie. Nous lisons des romans pour sortir de notre
réalité...mais entrer dans celle des autres est également une façon de s'évader...
