Présentation

En cours de lecture...

                

A venir...


nothomb forme de vie

Recherche

Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 00:37

La jeune Fantine, ne parvenant pas à élever sa fille Cosette, décide de la confier à des aubergistes : les Thénardiers. La petite Cosette sera malheureusement bien maltraitée...Jean Valjean, ancien bagnard, croisera sa route et la sauvera des griffes cupides des Thénardiers. Il s'en occupera comme sa fille, fuyant inlassablement le terrible Javert à ses trousses... Cosette grandira, rencontrera Marius qu'elle épousera, laissant derrière elle son vieux père adoptif ayant accompli sa mission... Voici l'intrigue générale de cette oeuvre fameuse...mais bien d'autres péripéties enrichissent cette histoire.

"Les Misérables" ! J'ai décidé d'attaquer à nouveau ce monstre de la littérature... J'ai choisi cette édition abrégée pour des raisons professionnelles (édition collège assez bien faite avec des questionnaires plutôt fournis et intéressants...) Ce fut donc une relecture, une redécouverte fort agréable. En effet, le style Hugolien très soigné et détaillé pourrait sembler lourd mais pas du tout : la lecture est d'une grande fluidité. Chaque mot est juste et mesuré.

L'intrigue est bien sûr prenante, notamment le fil conducteur de la relation entre Jean Valjean et la petite Cosette sauvée des Thénardiers ainsi que le tragique destin de Fantine. L'édition s'attache un peu moins à Marius et à Gavroche...mais à part l'épisode des barricades, il est vrai que cette partie m'interpelle moins.

Enfin, le réalisme de la narration permet une bonne peinture de la société de l'époque et des caractères humains. De plus, le narrateur extérieur reste très présent et fait de nombreux commentaires quant à ce qu'il raconte. Par celui-ci Hugo s'exprime à propos de ses personnages et surtout sur la condition sociale et politique qu'il décrit.

Une redécouverte qui me fut donc très agréable.

 

Petit extrait :

"Elle fit une douzaine de pas, mais le seau était plein, il était lourd, elle fut forcée de le reposer à terre. Elle respira un instant, puis elle enleva l'anse de nouveau, et se remit à marcher, cette fois un peu plus longtemps. Mais il fallut s'arrêter encore. Après quelques secondes de repos, elle repartit. Elle marchait penchée en avant, la tête baissée, comme une vieille ; le poids du seau tendait et roidissait ses bras maigres ; l'anse de fer achevait d'engourdir et de geler ses petites mains mouillées ; de temps en temps elle était forcée de s'arrêter, et chaque fois qu'elle s'arrêtait l'eau froide qui débordait du seau tombait sur ses jambes nues. Cela se passait au fond d'un bois, la nuit, en hiver, loin de tout regard humain ; c'était un enfant de huit ans. il n'y avait que Dieu en ce moment qui voyait cette chose triste. [...] Elle soufflait avec une sorte de râlement douloureux ; des sanglots lui serraient la gorge, mais ele n'osait pas pleurer, tant elle avait peur de la Thénardier, même loin. C'était son habitude de se figurer toujours que la Thénardier était là. [...] Cette angoisse se mêlait à son épouvante d'être seule dans le bois de la nuit. Elle était harassée de fatigue et n'était pas encore sortie de la forêt. Parvenue près d'un vieux châtaignier qu'elle connaissait, elle fit une dernière halte plus longue que les aures pour se bien reposer, puis elle rassembla toutes ses forces, reprit le seau et se remit à marcher courageusement. Cependant le pauvre petit être désespéré ne put s'empêcher de s'écrier : Ô mon Dieu ! mon Dieu ! En ce moment, elle sentit tout à coup que le seau ne pesait plus rien. Une main, qui lui parut énorme, venait de saisir l'anse et la soulevait vigoureusement. Elle leva la tête. Une grande forme noire, droite et debout, marchait auprès d'elle, dans l'obscurité. C'était un homme qui était arrivé derrière elle et qu'elle n'avait pas entendu venir. Cet homme, sans dire un mot, avait empoigné l'anse du seau qu'elle portait. Il y a des instincts pour toutes les rencontres de la vie. L'enfant n'eut pas peur."

 

Et voici le  film avec Jean Gabin...ma version préférée :

 


Par kti - Publié dans : Classiques - Communauté : Salon Lecture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 22:42

nothomb Comme à chaque rentrée littéraire, Amélie Nothomb nous livre un nouveau roman. Celui-ci intrigue par son titre énigmatique. "Tuer le père" n'est bien sûr pas à prendre au premier degré, connaissant l'esprit original de l'auteur....et en effet, le sens n'est pas explicite au premier abord. En revanche, pas d'inquiétude à avoir : rien de macabre ni de morbide au détour de ces mots.

Le lecteur va se trouver plongé dans une petite famille : un jeune homme perdu, rejeté va être adopté par un maître de la magie et sa femme. Il va grandir, nourrissant de bien étranges sentiments... A vous de découvrir le reste.

Bien sûr, l'univers d'Amélie Nothomb est toujours là, étrange, original et surprenant. Des personnages qui sortent du commun, des liens profonds et touchants. Toutefois, j'ai trouvé le roman plutôt court : le récit s'achève bien mais la narration aurait pu à mon sens être davantage enrichie, développée. La lecture m'a été agréable mais un sentiment de frustration demeure, comme un goût de "trop peu". 

Cela dit, l'intrigue ne laisse pas indifférent et provoque chez le lecteur des sentiments très variés comme la fascination, l'agacement ou encore la curiosité.

 

 

Un petit extrait :

"Le lendemain, vers seize heures, Joe frappa à la porte d'une maison située près de la voie ferrée. Personne ne répondit. Il s'aperçut que ce n'était pas fermé et il entra. Sur le canapé du séjour, un homme dormait, son journal sur la tête. Joe vint enlever le journal et contempla celui qui siestait. Il pouvait avoir trente cinq ans. Ses traits dégageaient une sérénité extrême. [...] Joe se demanda s'il était mort et posa son oreille sur sa poitrine.

- Qui es-tu ? dit celui que ce contact avait réveillé.

- Je suis Joe Whip. Etes-vous Norman Terence ?

- Oui.

L'homme s'assit, s'étira et contempla l'adolescent en fronçant les sourcils.

- La porte n'était pas fermée. Je suis entré.

- Veux-tu un verre de lait ?

- Vous n'avez pas plutôt une bière ?

- Non. Et je vais te chercher ce lait.

Norman revint avec deux verres de lait. Ils burent silencieusement. Joe attendait que l'adulte lui demande ce qu'il voulait. Mais il ne disait rien, comme si n'importe qui avait le droit de venir chez lui sans justification.

- Je veux que vous soyez mon maître, finit par dire Joe.

- Je ne suis, et ne serai le maître de personne."

Par kti - Publié dans : Contemporains - Communauté : Salon Lecture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 18:56

Frida Kahlo par Frida Kahlo : Lettres 1922-1954Il s'agit d'une publication brute des lettres de cette artiste mexicaine du début du siècle. Malgré une vie ternie par la maladie et un terrible accident, Frida continuera de peindre ses sentiments et sa vie. Beaucoup parlent de surréalisme pour ses peintures au demeurant très modernes voire surprenantes, mais Frida se défendra d'appartenir à un quelconque mouvement, prétendant exprimer simplement ce qu'elle ressent. Les lettres choisies ici montrent un aspect de l'artiste face à sa vie quotidienne, à ses convictions politiques mais aussi sa relation avec les gens qui l'entourent et qu'elles apprécient, notamment l'amour de sa vie, le muraliste Diego Rivera.


Malgré une lecture un peu décousue parfois due à l'espacement des lettres, nous parvenons bien à entrer dans le monde de l'artiste. Toutefois, il ne faut pas s'attendre à des explications de son oeuvre. En effet, Frida Kahlo ne théorise pas vraiment sur celle-ci. L'intérêt est davantage de comprendre les circonstances, son mode de vie et surtout ses amours. Ses écrits révèlent sa dépendance aux autres : elle a besoin d'aimer et d'être aimée, notamment par son Dieguito. Elle semble vivre dans son ombre.
 
J'avais vu le film Frida de Julie Taymor avec Salma Hayek et Alfredo Molina, puis on m'a offert (merci Vanessa) ce livre. Je reverrai maintenant différemment le film qui édulcore je pense quelques aspects du personnage et de sa vie mais qui reste proche tout de même du sentiment général. Le film est également très beau visuellement, de belles utilisations des tableaux de l'artiste en fondu.
 
Je conseille donc ce livre en complément d'une biographie ou du Journal et aussi d'aller faire un petit tour sur ce site pour découvrir ou redécouvrir ses oeuvres : Frida Kahlo
 
(à suivre... )
Par kti - Publié dans : Petites curiosités... - Communauté : Chronique de nos lectures
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 23 juillet 2011 6 23 /07 /Juil /2011 16:30

accroshopBecky Bloowood a vingt cinq ans et vit à Londres. Elle travaille dans un journal des finances et n'arrive pourtant pas à gérer ses dépenses. En effet, elle dépense beaucoup et tout le temps, de manière particulièrement convulsive. Le shopping est son vice. Elle trouve toujours une bonne excuse pour y céder : une promotion, les soldes...Comment parviendra-t-elle à sortir de ses dettes ? De ses découverts ? Peut-être Luke Brandon qu'elle tente de séduire ?

J'avais choisi ce livre pour me reposer les méninges.... Titre drôle, intrigue légère...bref, idéal pour ne pas trop réfléchir et se laisser porter. Roman à succès, saga (parce qu'il y a des suites !) à succès aussi...Je me suis donc laissée tenter... Et bien maintenant, que dire ? Pas grand chose à part que pour le coup les méninges ne travaillent pas, mais pas du tout ! Sauf peut-être pour s'énerver un peu sur l'héroïne qui n'est finalement pas attachante. Et là est le problème je pense. Sa manie du shopping devient agaçante et finit par rendre Becky assez stupide voire parfois un peu prétentieuse. On a envie de lui faire des remarques tout le temps... C'est sûr que si le shopping ne vous titille pas, le livre ne vous parlera pas... Moi, je ne suis pas "accro" du shopping, mais j'aime bien regarder, acheter, etc. Donc je pouvais entrer dans cet univers mais malgré tout, aucune compassion et sympathie pour le personnage. De plus, la présentation et l'exposition de l'intrigue (si on peut appeler cela comme ça) prennent plus de la moitié du roman ! Le livre fait environ 370 pages et il ne se passe à mon sens quelque chose que vers la page 290... L'intrigue sort de l'éternelle lettre de la banque et de la décision de continuer à dépenser mais que pour les choses essentielles... c'est-à-dire tout ! C'est ce qui me dit que j'ai bien fait d'aller jusqu'à la fin...

Sinon le style est convenable, approprié au genre : léger, parfois drôle. L'héroïne est la narratrice. Nous avons donc l'impression d'être dans sa tête. C'est à travers sa pensée et sa conscience que nous percevons tout. Le procédé est classique et efficace.

Cela dit, je m'interroge sur le succès de ce livre. Peut-être y a-t-il beaucoup d' "accro du shopping" telles que Becky ? Du coup, un grand nombre de personnes s'est identifié à l'héroïne ?

Petit extrait pour les "accro du shopping" :

"Je parcours la pièce des yeux et aperçois des rangées d'écharpes soigneusement pliées. Au-dessus de chacune d'elles, une petite étiquette vert foncé indique : "- 50 %". En velours imprimé, soie ornée de perles ou cachemire brodé, toutes arborent la signature discrète "Denny and George". Il y en a partout. Par où commencer ? La panique me gagne.

- Je crois que vous avez toujours aimé celle-ci, dit la vendeuse sympa en retirant de la pile placée devant elle une écharpe gris-bleu chatoyante.

Mais oui ! Je m'en souviens. Son velours soyeux est imprimé d'un bleu pâle, parsemé de perles irisées. En la regardant, je sens d'invisibles fils m'attirer vers elle. Je dois la toucher. Je dois la porter. Je n'ai jamais vu une étoffe aussi belle. La fille retourne l'étiquette. "340 livres soldé 170" Elle s'approche, drape l'écharpe autour de mon cou et je contemple mon reflet dans la glace. Aucun doute. Il me faut cette écharpe. Il me la faut. Elle rend mes yeux plus grands, ma coupe de cheveux plus chic, je suis transformée. Elle ira avec tout. Les gens parleront de moi comme de la fille à l'écharpe Denny and George."

Par kti - Publié dans : Livres détente - Communauté : Salon Lecture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 23:25

 

Et oui, Tim Burton...écrit aussi

Grande admiratrice du réalisateur qu'il est, je me suis plongée, grâce à Emilie, dans cet étrange petit recueil intitulé "La triste fin du petit Enfant huître"...

 Il s'agit donc d'un petit recueil de petites, mais toutes petites histoires poétiques, écrites en vers...

 Mon édition était bilingue (je ne sais pas si c'est le cas pour l'édition simple) et je trouve qu'avoir la version originale est indispensable ici. En effet, la traduction est parfois très artificielle. Avec la contrainte de l'écriture poétique, le choix des mots français pour la rime est de temps à autre un peu forcée et cela dénature alors le sens initial. C'est pourquoi, avec quelques notions d'anglais, il vaut mieux jeter un oeil au texte original pour capter le sens de l'histoire.

Quant au contenu des histoires, cela met souvent en scène un petit garçon, une petite fille étranges, différents...parfois des objets... mais cela ne se termine pas toujours bien... 

Tim Buron a aussi illustré chaque récit.

Le lecteur retrouve alors l'univers si particulier de Burton : un mélange d'étrange, de morbide voire macabre avec une tendresse certaine, un regard souvent naïf et enfantin. 

Un petit exemple des ces curieux poèmes narratifs: 

"Brindille et Allumette amoureux"

Brindille aimait ien Allumette,

il l'aimait vraiment beaucoup,

il adorait sa jolie silhouette,

et il la sentait chaude comme tout... 

Mais le feu de la passion peut-il être,

entre une brindille et une allumette ? Eh bien

oui, à la lettre :

il flamba comme un rien.  

Tim Burton

Et une petite vidéo de La triste fin du petit Enfant huître (en italien...petit clin d'oeil )

 

Par kti - Publié dans : Petites curiosités... - Communauté : Chronique de nos lectures
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés